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J'ai terminé une version. Et maintenant?

27 juil. 2024
5 min de lecture

Je viens de lire un article intéressant sur le nombre de mots et la longueur des livres selon les genres romanesques. Très intéressant!


Ça me sera très utile… Mais pas tout de suite. Il y a un temps pour tout.



À propos du nombre de mots


J'avais l'habitude d'être obsédé par le nombre de mots de mes scènes, par l'équilibre entre mes actes, et de stresser à l'idée que mon livre finirait par être trop long, évidemment… Mais au bout du compte, en réécrivant le livre, j'ai choisi de ne plus m'obséder avec sa longueur.


En fait, non seulement j'ai arrêté d'y penser, mais je me suis permis d'écrire l'histoire comme je la voulais, sans aucune considération pour la longueur. Aucune. Parce que je savais, au fond, que c'était ce dont l'histoire avait besoin. C'était certainement ce dont moi, j'avais besoin. Et envie.


L'approche s'est révélée bien meilleure, l'expérience d'écriture aussi, et je crois sincèrement que l'écriture elle-même s'est beaucoup améliorée. Surtout dans la dernière partie, qui, soit dit en passant, s'est avérée beaucoup plus longue que les parties précédentes.


Bon, je vais vous donner des chiffres concrets. Disons que le dénouement de Sept à la dérive, dans son état actuel, pourrait être assez long pour constituer un roman à part entière - 99 000 mots. Pas tout à fait aussi long que toutes les autres parties réunies, mais quand même. Assez long. Il y a donc un certain déséquilibre, du moins pour l'instant. Mais le travail n'est pas terminé.


Quel travail?



J'ai laissé des choses de côté; j'en ajoute maintenant


En écrivant cette nouvelle version, j'étais tout à fait conscient et consentant (par choix) de laisser de côté plusieurs aspects de la narration pour plus tard; de les garder pour un autre jour, ou une version ultérieure. Par exemple, certains aspects de la construction de l'univers.


Et d'autres choses aussi…


Je ne m'interdisais pas de jouer avec ces aspects, ni de m'y plonger jusqu'à un certain point, mais je les ai laissés un peu flous pendant un temps, parce que je voulais garder la porte entrouverte à de nouvelles idées. De toute façon, je savais que j'y reviendrais pour les développer et les resserrer, pour gagner en concision et en clarté. Ça n'a pas été difficile de laisser de côté certains aspects de l'univers de l'histoire et de ne pas m'y attarder pendant un bon moment, parce que je trouvais plus de liberté créative à ne pas trop m'en soucier pendant que je travaillais l'histoire elle-même, sachant que j'y reviendrais plus tard pour les faire vraiment chanter.


Maintenant, je m'y suis attaqué en partie, et je suis content d'avoir choisi cette approche.



Personnages et intrigues secondaires


En écrivant cette nouvelle version, j'ai aussi décidé de ne pas trop me casser la tête avec les détails des personnages secondaires. J'en avais déjà une image assez claire : d'où ils viennent, où ils s'en vont, ce qui leur arrive, comment ils interagissent, quel rôle ils jouent dans l'histoire globale, et quel est leur arc intérieur, s'ils en ont un.


C'était donc un autre aspect de la narration que je pouvais remettre à plus tard pendant que je réécrivais tout le roman, ce qui a quand même pris beaucoup de temps, parce qu'il y avait déjà bien assez de matière à réfléchir et à gérer.


Après tout ce travail, la planification, les remue-méninges, les discussions avec mon éditrice, la rédaction, la réécriture, et encore la réécriture - et c'est loin d'être fini - j'ai maintenant une certaine assurance quant à la structure globale et au genre de l'histoire, et quant à l'évolution extérieure et intérieure de mes personnages principaux; surtout la protagoniste, Anita Burgess.


Et j'en suis vraiment, mais vraiment content.



Un regard sur l'histoire globale


Après avoir terminé cette réécriture, vers février 2024, j'ai regardé l'histoire dans son ensemble : j'ai rassemblé toutes mes notes, anciennes et récentes, je les ai mises en ordre et regroupées par thème, par sujet et par priorité - c'est-à-dire ce sur quoi je veux travailler en premier, en deuxième, en troisième, et ainsi de suite.


Puis je me suis attaqué à ce que je savais déjà vouloir attaquer : remodeler le premier acte.


Parce que je l'avais écrit il y a un moment, et qu'à l'époque, je ne visais pas exactement le même genre (ou type d'histoire) que celui que l'histoire a fini par adopter.


Ça ne me dérangeait pas tellement non plus.



Quel est le genre?


Je ne m'en suis pas fait, parce que je savais que le type d'histoire que je visais à l'époque (un thriller de tueur en série) fonctionnerait encore bien comme intrigue secondaire dans le genre que j'ai finalement choisi (il s'avère que c'est une histoire d'action et de rébellion).


(Jetez un œil au trèfle à cinq feuilles des genres de Shawn Coyne, en anglais, pour en savoir plus. Notez que certains préfèrent parler de types d'histoires plutôt que de genres.)


Donc, quand j'ai écrit ce premier acte (ou beginning hook, dans le jargon de Story Grid), l'histoire de rébellion n'était pas encore vraiment dans ma tête. Ou plutôt, elle l'était sûrement un peu inconsciemment, même si je croyais vouloir suivre cette intrigue de thriller.


C'est cette prise de conscience qui m'a fait voir (avec l'aide de mon éditrice de développement, Courtney Harrell) où l'histoire voulait vraiment aller - ou plutôt, ce que je voulais vraiment qu'elle soit.


Au bout du compte, Sept à la dérive n'est pas un thriller au sens de Story Grid, mais plutôt une histoire d'action et de rébellion, captivante et pleine de rebondissements.


Ce n'est pas non plus une intrigue labyrinthe, ni un cozy mystery… Même si elle en a certainement des éléments.


(Le titre de mon roman était Who Killed Felipe Crasotte quand j'ai commencé à y travailler, puis c'est devenu The Driftist. Mais son vrai titre, pour l'histoire qu'il est maintenant en voie de devenir, sera Sept à la dérive.)


Sept à la dérive contient encore à peu près tous les éléments de thriller que j'avais imaginés plus tôt. Il contient aussi tous les éléments de cozy mystery que j'avais écrits avant ça. Je voulais qu'ils trouvent tous leur place, et c'est à peu près ce qui s'est passé, et plutôt bien, je dois dire.


Qui plus est, quand j'ai écrit cette dernière version du premier acte et que je me suis approché de sa fin - surtout les scènes structurantes comme le point tournant, la crise, le point culminant et la résolution du premier acte - il est devenu évident que je n'étais pas prêt à abandonner ma vision première de l'histoire.


Quand j'ai réalisé que j'écrivais peut-être une histoire d'action après tout, ça a été une révélation, et un grand soulagement. Parce que même si je m'étais ouvert à la possibilité d'écrire un thriller, que j'avais étudié le genre avec soin, que j'avais regardé, lu et étudié plusieurs thrillers classiques; même si je les avais tous aimés et que j'admirais le métier qu'ils démontraient, je savais, au fond de moi, que ce n'était pas exactement ce que je voulais vraiment écrire. Parce qu'évidemment, les thrillers ne sont pas ce qui m'attire en premier, même si je les aime, comme j'aime tous les genres.


Bien sûr, j'ai mes préférences.


Quelles sont les vôtres?


Nicolas Lemieux, sur son balcon





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