Ça avance bien
Dernière mise à jour : 6 oct.
Eh oui! Au cas où vous vous poseriez la question: bonne nouvelle! Je suis encore en vie.
Ravi de vous reparler après si longtemps!
Ça fait un bout, mais je suppose que j'ai toujours eu des moments dans ma vie où je voulais être vu et entendu, et d'autres où, eh bien, pas autant. C'est quelque chose à méditer. Êtes-vous comme moi?
Quoi qu'il en soit, c'était plutôt agréable de ne pas trop me dévoiler pendant un certain temps. Je voyais les gens autour de moi, comme mes collègues par exemple, se demander si j'étais encore en train d'écrire ou non, sans oser me poser la question. Pendant ce temps-là, on me demandait de moins en moins souvent : « Alors, comment ça va, ça avance, ce livre? » C'était reposant de ne pas avoir à répondre; un instant de calme pour explorer davantage et jouer un peu plus avec les idées et... tout simplement écrire la foutue histoire en question.
Mais même s'il est agréable de rester dans l'ombre à goûter une relative liberté, je veux aussi être visible et ouvert sur ce que je fais. Après tout, vous êtes plus de 2 000 à vous le demander, potentiellement... Et vous méritez bien de savoir! Alors comme d'habitude, ma réponse est la suivante : ça avance bien, lentement mais sûrement; les choses prennent forme...
J'ai donc terminé une réécriture complète de Sept à la dérive au cours de l'hiver, et ça a été une belle réalisation. Ensuite, je suis presque entré dans le domaine de la révision du récit, mais avant de le faire, je voulais me pencher sur certains aspects du roman, comme des éléments de l'univers narratif que je voulais étoffer davantage, ou des scènes dont je savais qu'elles s'intégreraient mieux dans le premier acte, plus proches du début; et même toute une séquence de scènes en fait. D'autres parties, que j'avais écrites lors du premier jet et que j'avais supprimées par la suite, je les rétablis maintenant car elles sont plus importantes et plus utiles au récit (et plus intéressantes) que je ne croyais à l'époque. Alors ces jours-ci, je repense plus ou moins tout le début du roman, afin qu'il soit aussi bon que le reste.
Voici un extrait de la scène avec laquelle je me suis amusé la semaine dernière. Il lui reste encore du chemin à faire avant d'être complètement prête, mais en voici un morceau dans son état actuel imparfait. Je l'appelle Soirée chez les Burgess.
Avec les apéritifs créatifs de Greg, les conversations divergèrent, tournant principalement sur le festival en cours — avec les foules impossibles dans les transits inter-districts, et la difficulté de voyager par ce foutu temps (même si la plupart des déplacements se déroulaient sous terre), et les préparatifs pour les cosplays thématiques du festival, et l’exceptionnelle exposition d’art installée à l’intérieur des tunnels inter-D et, sans oublier, tous ces spectacles à venir…
Malgré toutes les conversations simultanées, Leona distinguait la voix d'Anthony Limoges s'aventurant sur des terrains plus glissants. Limoges était le nouveau conjoint de la mère d’Anita. Après avoir goûté à sa personnalité lors d'une première rencontre un an auparavant, Leona n’avait pas trop envie de répéter l’expérience. Son amie Anita, de son côté, ne s'était pas gênée à utiliser le terme Odieux Chéri, en référence au nouveau compagnon de sa mère - OC.
À ce moment précis, l'OC cassait les oreilles du vieux Lian, sa voix suffisamment forte pour que Leona la capte au travers des multiples fils de conversation. « J'ai entendu dire que les sous-flux étaient en effervescence, avec cette nouvelle anti-drogue qui viendrait d'inonder les marchés sous-jacents; une technologie ancienne et multigorative qui daterait de la renaissance de Seb… Ils l’appellent VR, pour Vide Réducteur ». Limoges éclata de rire. « Réduire le Néant... Je me demande bien comment on arrive à faire ça. »
Pour un véritable néaniste, ce genre de discours aurait été blasphématoire, mais apparemment, le vieux Lian n’en était pas un. Le vieil homme se contenta de grogner, regardant le plafond pour exprimer son accord avec l'avis de Limoges selon lequel l’affaire devait être considérée au moins comme une légère nuisance, puis il se détourna ostensiblement, apparemment pour s’adresser à quelqu’un d’autre.
Leona essaya aussi de porter son attention ailleurs, mais la voix perçante et nasillarde de l'OC avait tendance à traverser le badinage des nombreux proches d'Anita.
« Lian, avez-vous entendu parler des Partisans, qui seraient toujours en activité selon certaines sources? Il s'agirait, soit de l’ancien gang, soit d'une organisation douteuse qui se fait appeler les Troisièmes Partisans… »
Mais qu'est-ce que le vieux pouvait bien en avoir à foutre, de tout ça?
Lian était pendu aux lèvres d'Anthony Limoges.
La voix de Limoges était suffisamment sonore – et son discours suffisamment tapageur – pour que toutes les autres conversations s'arrêtent d'un seul coup. Tous dans la salle à manger de Dani et Greg le regardèrent.
Leona remarqua que le père d’Anita était également présent. Elle n'eut pas besoin de faire un effort mental important pour se souvenir de son nom : Liam-avec-un-'m' — Liam Xavier, ou "le jeune Liam", pour ne pas le confondre avec Lian-avec-un-'n', le fils très ancien de l'ancestrale Madison.
L'année précédente, Leona s'était creusé la tête pour essayer de comprendre pourquoi le père d'Anita se donnait toujours la peine d'assister aux soirées Burgess, étant donné la présence de son ex-conjointe et de son nouveau compagnon difficilement supportable. Mais elle avait abandonné l'idée de comprendre. Les motivations de certaines personnes étaient tout simplement trop difficiles à cerner.
Le père d’Anita, le jeune Liam-avec-un-'m', était un homme de peu de mots, ainsi qu'un alcoolique notoire. Leona ne l'avait pas entendu dire un mot aujourd'hui jusqu'à présent, mais à présent, il se leva, se dressant sur deux jambes bancales pour fixer Anthony Limoges droit dans les yeux. « Tout ça est de très mauvais goût, Anthony. Tu mets tout le monde mal à l’aise. »
« Des rumeurs, » souligna Irma - la mère d'Anita, se rappela Leona. « Que des rumeurs. » Irma tira sur le bras de son OC. « Rien à quoi nous devrions prêter attention. Je te le dis, mon chéri, c'est ce qui arrive si tu passes trop de temps à écouter Marten Ladyar et sa chaîne. »
Leona jeta un rapide coup d'œil à Anita, qui retourna son regard, les rides de son front s'adoucissant un peu.
Greg et Dani étaient des hôtes doués, et ils avaient dû s'entraîner pour cette occasion particulière. Évidemment, ils comprirent tout de suite la nécessité de faire diversion. Greg prit les devants cette fois-ci, agitant son laisser-passer pour le festival.
« Saviez-vous que les Solemongers vont se produire lors de la grande soirée de samedi? »
***
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Me voici dans mon habitat naturel de travail créativement désordonné. Salut!

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