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4- D.L. Lewellyn : mini-série d’entrevues croisées!

22 sept. 2024
11 min de lecture

(Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4)


Quatrième partie — Les concours d’écriture


DLLEWELLYN — logo blanc

DLL. Et nous voici au bout, Nicolas! J’espère que tout le monde a aimé la première partie, la deuxième partie et la troisième partie!


NL. Ouf! Quelle aventure!


DLL. Dans la quatrième partie, on parle des concours d’écriture et de ce que j’ai en chantier, puisque tu as eu la gentillesse de le demander…


Concluons cette formidable discussion avec les concours d’écriture, leurs avantages et leurs défis. J’ai eu tellement de plaisir à participer avec toi au concours estival de nanofiction de 250 mots de Writing Battle, qu’on vient de terminer, où on a navigué dans cette immense communauté et commenté nos histoires respectives.


Je constate que j’aime les défis d’écriture plus courts quand je suis en pleine période d’écriture chargée. On profite de tous les avantages que Writing Battle offre à la communauté, mais la participation prend moins de temps avec ces histoires de format nano. Mais wow! Le calibre de ces petites fictions de poche m’a renversée! Chaque histoire que j’ai lue pour le duel et pour le Debrief était exceptionnelle. J’ai écrit un petit billet sur le concours et mes résultats ici (en anglais).


J’ai aussi participé à un concours de mélange Fae contre Punk avec la Fantasy Sci-Fi Writers Alliance. Mon histoire s’est classée cinquième sur neuf, alors elle n’a pas été retenue pour l’anthologie, mais je l’aimais tellement que j’ai continué à la travailler après le concours, et c’est ce que mon lectorat reçoit en épisodes dans mes infolettres jusqu’à la fin de l’année. Alors, je suppose que, pour moi, participer à des concours, c’est surtout l’occasion d’écrire davantage, dans différents genres, en plus petites bouchées, et de trouver des façons de le partager.


Je te passe le micro pour ton point de vue.


Le Writing Battle — Ce que j’ai adoré


NL. Laisse-moi dresser une liste…


  • Avoir une échéance claire pour produire quelque chose en dehors de mes projets en cours. C’est super rafraîchissant.

  • Lire dix excellentes histoires en un mois, et bien d’autres encore à l’étape du Debrief. Wow. Elles étaient toutes bonnes, étonnantes et enrichissantes, chacune à sa façon, singulière, excentrique, diversifiée, créative. J’en reste bouche bée.

  • Commenter les histoires des autres. C’est un défi, c’est une responsabilité, c’est fascinant. C’est toujours plus facile de dire ce qu’on a aimé d’une histoire. C’est plus difficile de dire quelque chose qui, selon nous, pourrait l’améliorer, de façon chaleureuse, compréhensive, respectueuse et constructive.

  • Créer des liens avec des gens qui nous ressemblent, qui ont envie de soutenir, d’encourager et d’aider.

  • Découvrir tant d’excellentes plumes et faire connaissance avec leur travail.


Comme toi, je trouve que ça demande moins de temps de se concentrer sur les batailles de nanofiction plutôt que sur les plus longues. J’essaierai peut-être les longues un jour, mais pour l’instant, devoir lire et commenter de façon constructive dix histoires plus longues en un mois, disons de 2000 mots chacune, aussi amusant et captivant que ce soit, je ne pourrais rien faire d’autre pendant tout ce temps!



Le Writing Battle — Mes questions


C’est amusant; c’est merveilleux de créer des liens avec d’autres plumes, de lire d’excellentes histoires et de me mouiller l’orteil dans la rétroaction constructive, donnée comme reçue.


Mais Simone Seol dit une chose : « Si vous ne repoussez personne, vous ne pouvez attirer personne non plus. » J’y réfléchis depuis. Ça me semble logique.


Hmmm. Il y a un risque quand on reçoit beaucoup de commentaires de plusieurs personnes.


C’est une bonne chose de recueillir beaucoup de commentaires, mais comment les utiliser ensuite? Si beaucoup de gens (disons plus de trois ou quatre) me disent la même chose, et que ça me semble logique, alors c’est probablement un bon conseil pour m’orienter vers de meilleures façons d’écrire.

Par contre, si je tombe dans le piège de vouloir plaire à tout le monde, ça peut devenir contre-productif. Si j’atténue qui je suis pour essayer de plaire à tout le monde, je risque de diluer ma vraie nature et d’écrire quelque chose qui sera peut-être plus ou moins acceptable pour tout le monde, mais qui, en même temps, ne plaira vraiment à personne, même pas à moi.

Le plus triste, c’est que les personnes mêmes qui auraient pu adorer mon travail vrai, honnête, sincère et créatif n’auront même pas l’occasion de voir que je suis là.


Si vous ne repoussez personne, vous ne pouvez attirer personne non plus. Je pense que c’est une notion qui change une vie, et qui vaut la peine d’être répétée.


Si vous cessez d’avoir peur de déplaire à certaines personnes, vous avez de meilleures chances d’attirer votre vrai lectorat, parce qu’il vous verra quand vous vous montrerez au monde. Les personnes qui comprendront et aimeront vraiment tout ce que vous avez à dire ou à partager, et qui adoreront votre travail quoi qu’il arrive, parce qu’elles auront vu en vous quelque chose qui résonne profondément en elles.


Alors, qui est votre lectorat idéal? Simone Seol dit que choisir son lectorat idéal, c’est de la foutaise. Ne choisissez pas. Imaginez simplement quelqu’un en qui vous avez vraiment confiance, quelqu’un qui aime déjà ce que vous faites et qui croit en vous. Quelqu’un qui vous aime inconditionnellement, quoi qu’il arrive. Quelqu’un qui boit tout ce que vous dites, faites et êtes. Écrivez pour cette personne, même si c’est seulement vous; écrivez pour cette personne seulement. Les autres n’ont pas d’importance. Ce n’est pas pour elles que vous faites ça. Leur opinion n’a pas d’importance. S’il n’y a encore personne, imaginez cette personne. Ou soyez-la. Soyez la première. Commencez par vous-même. Comment votre propre travail résonne-t-il en vous? Soyez votre propre point de départ.

Nicolas Lemieux, auteur de science-fiction, coiffé d’un chapeau blanc

Mais alors, comment améliorer son écriture? N’est-ce pas contradictoire? Comment trouver l’équilibre?


Je dirais : faites confiance à votre instinct. Continuez d’apprendre, bien sûr, mais prenez le temps de choisir auprès de qui vous apprenez. Rappelez-vous que chaque livre que vous lisez, chaque cours que vous suivez, chaque webinaire, chaque blogue ou quoi que ce soit que vous regardez… est pour vous et seulement pour vous, à utiliser comme bon vous semble, à votre rythme, sans aucune attache, sans rien à prouver à qui que ce soit ni aucune raison d’impressionner qui que ce soit non plus; sans autre responsabilité de votre part que d’utiliser les aspects qui vous servent, vous et votre créativité, et qui vous aident à devenir pleinement l’être humain vrai, sincère, merveilleux, créatif, honnête et précieux que vous êtes déjà.


DLL. Ce sont des réflexions géniales, Nicolas. J’ai eu des pensées semblables sur les commentaires et la façon de les utiliser. Dans ma vie professionnelle précédente, et je suis sûre que ça te parlera, tout tourne autour de l’évaluation du rendement et de plaire à la direction, ou à la clientèle, ou peu importe. L’écriture, c’est vraiment le contraire. Parfois, les vieilles habitudes ont la vie dure.

C’était intéressant, cette fois-ci, de lire les commentaires, des personnes qui n’ont pas du tout compris mon histoire à celles qui s’extasiaient devant la force de la prose et de l’émotion, parce qu’elles avaient parfaitement saisi ce que je visais.


Je fais aussi partie d’un groupe d’écriture où on critique mutuellement nos textes. Je vais jaser avec ce groupe sur mon blogue le mois prochain pour mon Spotlight. Ça m’a vraiment ouvert les yeux, parce que j’ai dû avoir des conversations sérieuses avec moi-même sur la façon d’utiliser les excellents commentaires tout en préservant ma vraie voix. Ça rejoint l’aspect que je mentionne dans ma réponse à tes questions — en apprendre trop sur l’écriture! Et l’impression d’être bloquée. J’écrivais beaucoup plus librement au début, quand j’étais ignorante. 🙂


Même si une bonne partie des commentaires sont cohérents parce qu’ils pointent des aspects que tout le monde reconnaît comme à retravailler, beaucoup sont très subjectifs, et on ne peut pas laisser des opinions subjectives faire taire sa voix ou teinter ses efforts pour la suite. J’ai l’impression d’avoir écouté trop de monde et d’avoir essayé de compenser (ou de faire des compromis) beaucoup trop souvent, et je dois me sortir de ce bourbier. J’aime vraiment cette idée de trouver un seul public à qui écrire, même si c’est juste soi-même. J’ai aussi beaucoup apprécié quelque chose que tu as dit plus tôt sur tes réécritures de Sept à la dérive. Tu aimes ton histoire. On me taquine parfois parce que j’aime ma propre écriture. Ben voyons donc!! Je ne serais pas aussi dévouée à l’écriture si je n’aimais pas ce que j’écris. On a le droit d’être à la fois notre pire critique et notre plus grand fan, non?


NL. Absolument. Je crois même qu’on le doit!


Darci, pour le bénéfice de notre charmant lectorat, sur quoi travailles-tu en ce moment? Qu’as-tu lancé récemment, et que t’apprêtes-tu à publier, à moyen et à long terme?



En chantier


DLL. Merci de le demander! J’ai toujours été une artisane touche-à-tout, avec trop de projets commencés en même temps qui attendent d’être terminés, même si plusieurs finissent miraculeusement par l’être, alors je suppose que je ne devrais pas être surprise que mon écriture soit pareille. J’adorerais me lancer à fond sur tous et les aligner dans la file de publication, mais je dois être réaliste. J’ai appris à travailler sur ce qui m’appelle un jour donné. Ah, ces personnages capricieux…


Je me concentre surtout à écouter cet appel passionné pendant que je me débats avec l’embouteillage dont je parlais.


Heureusement, en ce moment, c’est une histoire dérivée de The Starlight Chronicles (« TSC »), une série de romance paranormale contemporaine, qui fonctionne pour moi. Je suis déterminée à m’y tenir et à la publier l’an prochain. Je croise les doigts!! Michael Elliott est un métamorphe dragon, présenté dans Ursus Borealis et mis en vedette dans Drago Incendium, — c’est vraiment un personnage principal, avec Selena Aires (humaine) et Andras Johns (un métamorphe ours kodiak). Selena rallie les deux hommes à sa cause, et Elliott (comme elle l’appelle) finit par tenir à elle aussi profondément qu’Andras. Là où les trois aboutissent nous entraîne dans bien des rebondissements et se conclut dans Tigris Vetus.


C’est important pour moi de faire suivre ma série d’un roman autonome consacré à Elliott. Dans TSC, on rencontre son dragon, Onyx, et on découvre leur passé par bribes alléchantes. Maintenant, je peux étoffer tout ça. En plus d’être l’alpha de la meute de l’Étoile de Feu, dont le territoire couvre l’Oregon, Elliott possède un château médiéval dans les Highlands écossais (en raison de sa longue histoire avec Onyx). Ce sera le décor de son histoire : il y réunit ses amis de TSC, et l’amour et le danger l’y trouveront. Le thème est la confiance et la trahison, et il y aura plein de légendes de dragons et de magie.


Et merci de t’intéresser à ma plus récente publication! Il se trouve justement que j’ai un volume de trois romances fantasy en prévente : Les Romances des Trois. (Mon français est probablement maladroit, alors pardonne-moi, Nicolas! Mais ça faisait un beau titre 🙂.) Ça veut dire trois histoires de fantasy profondément romantiques et pleines d’aventure, dans des décors et des sous-genres différents, autour de romances à trois.


Ces histoires à trois ont déjà été publiées dans des anthologies, et je mourais d’envie de les développer et de les offrir ensemble. Elles font en moyenne plus de 20 000 mots, alors je les appelle des novellas. Un court conte de fées pour adultes est inclus en prime. J’ai des idées d’intrigues pour d’autres histoires dérivées de TSC. Celle sur laquelle je me concentre ensuite, c’est mon vampire, Mortas, jumelé à une sorcière nommée Ember. Leur titre de travail : Giving It Up for a Vampire.

Ces histoires à trois ont déjà été publiées dans des anthologies, et je mourais d’envie de les développer et de les offrir ensemble, parce que je les aime tellement. Elles font en moyenne plus de 20 000 mots, alors je les appelle des novellas. Un court conte de fées pour adultes est inclus en prime.


J’ai des idées d’intrigues pour d’autres histoires dérivées de TSC, et j’espère vraiment les faire paraître dans les prochaines années. Je rêve d’un immense univers TSC dont le lectorat pourra profiter. Celle sur laquelle je me concentre ensuite, c’est mon vampire, Mortas. Je l’ai laissé sur un terrible suspense, c’est un personnage fantastique et il mérite son histoire. Il sera jumelé à un personnage secondaire mais important de TSC, une sorcière nommée Ember. Leur titre de travail : Giving It Up for a Vampire.


L’autre histoire dérivée de TSC sur laquelle j’ai beaucoup avancé est une romance de fantasy historique, The Spanish Maiden Who Dreamt of a Bear. Les personnages principaux sont les grands-parents d’Andras Johns, Broderick Johns et Elara Sofia Estrada de Luna. On plonge dans l’histoire familiale d’Andras quand il partage les journaux de ses grands-parents avec Selena et leur meute pendant qu’ils remontent l’Inside Passage jusqu’à Ketchikan à bord du motorsailer d’Elliott — une scène de Drago Incendium.


Cette histoire se déroule à une époque fascinante de l’histoire nord-américaine, en Alta California, en 1776, quand l’Espagne disputait le territoire de la côte du Pacifique à la Russie, avant que la Couronne espagnole le cède au Mexique. J’y intègre une expédition historique partie du Mexique vers la côte, qui a fondé Monterey Bay et San Francisco. On explorera aussi les débuts de l’Alaska, quand Broderick et son père remontent la côte jusqu’à l’île Kodiak, où Broderick accueille en lui le premier esprit d’ours kodiak.


D. L. Lewellyn, autrice de romance fantasy surnaturelle avec métamorphes

D’autres histoires en chantier en dehors de TSC, qui devraient avancer vite une fois que j’aurai retrouvé mon mojo :


The Fourth Planet of Cinnamon Jones – une romance de fantasy et de SF qui se déroule dans l’est de l’Oregon et à Portland, avec des extraterrestres d’un système planétaire voisin qui visitent et habitent notre planète depuis si longtemps qu’ils sont devenus la source de la mythologie des elfes sur Terre.


Caged Diamond – un hybride de SF, de cyberpunk et de planète mafieuse. Mon personnage féminin principal est une ancienne combattante de MMA qui veut une vie paisible loin de l’univers des combats de l’UFC, mais qui se fait enlever et emmener dans une arène de combat sur une planète mafieuse, où elle rencontre bien des personnages intéressants, dont un imposant guerrier barbare.


On peut dire… « Trois vies de plus! » Il y en a d’autres, mais je vais m’arrêter ici… 😄


NL. Wow! Merci pour toutes ces informations privilégiées, de l’intérieur, sur tes histoires dérivées de TSC et tes autres projets!


À propos de Les Romances des Trois, j’adore que tu aies choisi d’utiliser le français dans ton écriture, et d’après ce que j’ai eu la chance de lire déjà (encore des informations de l’intérieur!), je peux dire que ça fonctionne à merveille.


Je dois dire que je trippe vraiment sur tes titres! Les Romances des Trois, Giving It Up For a Vampire, The Spanish Maiden Who Dreamt of a Bear, The Fourth Planet of Cinnamon Jones, Caged Diamond… Voyons donc! Sans parler de Ursus Borealis, Drago Incendium, Tigris Vetus… Trouver de bons titres, c’est un art, et je crois que tu le maîtrises.


DLL. Merci, Nicolas! Et je peux en dire autant de Sept à la dérive!



J’adore le design!


J’ajouterai que mon processus d’écriture comprend la conception des couvertures dès le début et la recherche de titres de travail. Ces deux étapes nourrissent ma narration et m’aident à atteindre mes objectifs de publication, en établissant concrètement une vision.


Je conçois mes couvertures avec des outils comme Canva, DIY Covers et Bookow, et avec l’aide de quelques âmes généreuses. L’édition papier de Les Romances aura ma première couverture complète, faite à partir d’un gabarit gratuit de Bookow. Je travaille à une nouvelle édition de mon recueil de nouvelles, Priss Starwillow & the Wolf, A Starlight Chronicles Short Story, and Other Stories, pour y intégrer une couverture complète. J’ai décidé d’offrir ce volume dans plus de librairies, comme Les Romances. TSC n’est offert que sur Amazon et dans Kindle Unlimited. Décider d’être en exclusivité sur Amazon ou d’élargir la distribution (à d’autres marchés comme Barnes and Noble, Apple Books et Kobo), c’est une autre histoire, et c’est un casse-tête sans fin.


NL. Chaque fois que je regarde ton travail, je suis ravi de voir à quel point il accroche l’œil. Je sais que, peu importe l’outil que tu choisis, tu arriveras toujours à quelque chose de magnifiquement attrayant pour refléter les trésors de l’intérieur. J’espère que tu trouveras des solutions à ton casse-tête! Les choix sont infinis et souvent douloureux, mais sache que tu ouvres un chemin pour les autres, et c’est précieux pour nous.


DLL. Merci, Nicolas, pour tes commentaires, ton soutien, et de m’avoir laissée parler de mes projets!


NL. Merci à toi, Darci, d’en avoir parlé! C’était tellement le fun!


Un éventail de beaux livres de D. L. Lewellyn

DLL. Et merci à vous qui avez parcouru notre discussion sur la vie d’écriture et en avez retiré quelques pépites inspirantes à ajouter à votre arsenal. C’est tout jusqu’à ce que Nicolas et moi fassions le point de nouveau l’an prochain!



Mini-série Spotlight (site de Darci, en anglais)


Mini-série d’entrevues croisées! (site de Nicolas)

(Partie 1 - Partie 2 - Partie 3 - Partie 4)


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© Nicolas Lemieux 2026

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